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La Chaise Aimante (art comptant pour rien)

Publié le par TW

Art comptant pour rien (mais pas pour tout le monde)

La Chaise Aimante

Dans le cadre de nos après-midis infantiles, et ce quelque soit le moment de la journée, nous avons l’immmmmmmmenssissime plaisiroïde autosatisfaction de vous présenter, déjà mondialement connu des cercles boursiers et des plus importants clubs de salonards ébahis, l’Artiste du moment, autant dire de sa génération, si ce n’est du siècle, et pourquoi pas du millénaire.

Son nom, retenez-le bien, va marquer les consciences, surtout les moins exigeantes, bien sûr, du sceau du dollar ou de l’euro, peu importe, tant il est évident que l’odeur sera la même, et c’est bien là l’essentiel.

Yht Kenaw, puisque c’est ainsi qu’il s’autonomme lui-même, autonomisant de facto sa singularité à la fois multiploïde et inédite, nous propose ici les premières prises de vue de son oeuvre maitresse de bordel sado-maso : la Chaise Aimante.

Sachez vous déprécier et soyez sommés d’être cons sans modération.

Nous avons confié au célèbre critique dard et d’abcès, Pustul Delaboulle, le soin de vous commenter la chose, que dis-je, de vous mettre en relation intime avec l’objet, dans son globalisme détaillesque comme dans sa subtilime ensemblerie.

Extrait du catalogue :

D’entrée de jeu le je se joue du jouet sans enjeu puisque sans mise en joue. La formule, empruntée au fameux excrémenteur publicitaire Matt Moissa, dont le matuvuisme à marqué son époque, trouve ici tout son sens, tant l’œil est d’emblée absorbé par l’œuvre au point de pouvoir s’en prendre une dans quelque orifice sans s’en apercevoir. Ou presque.

Passé le stade initial de cette absorbtion, le sujet, s’essuyant avec un mouchoir en papier, se renvoie à sa propre banalité et peut alors en toute humiditude pénétrer le niveau de contemplation supérieur à partir duquel il va devoir endurer les affres du constat que la sodomie n’est que vanité.

C’est un des commandements les plus paradoxaux de l’art comptant pour rien : le plus dur est toujours avenir.

La chaise, dimensionnellement atypique et collegram, retient l’attention du sujet. Mais très vite le logiciel pustule – pardon, plouf plouf ! – postule des degrés redimensionnés : c’est une nébuleuse protoformée à laquelle s’agrègationnent les éléments universels de cheval que toute humanité reconnait sans le doute qui l’habite pourtant : la guerre, la poussière, le sexe, le ménage, le bricolage, le foutage de gueule, la solitude, le bazar de l’hôtel de ville, et probablement aussi, de manière secondaire, les états d’âme post-agricoles d’une ruralité extravagantielle.

Tout au long des 540 pages de ce catalogue, je vais passer en revue les constituants de cette creéationnerie magistrale afin que vous puissiez doigter des touches les sonorités submoléculaires qui participent de l’harmonie inouïe, pour ne pas dire néolaponiennes, qui se dégagent de l’ensemble et feront pâlir d’envie le grand musicologue David Guetta lui-même.

Toutefois, dans cette courte introduculation, au sens propre comme au sens salle de marché, je veux m’arrêter sur les plus voyants de ces signes avant-coureurs d’une compréhension métagravitationnelle.

Les aimants, évidemment, placés ici, ici, ici, là et là. Témoins inframagnétophoniques d’une dialectique muette et active, ils font de cette chaise l’aimante de sa propre ferruginosité sans laquelle l’être, le sujet regardant, se sent en rupture de tout avant et de tout après.

L’assise de la chaise, comme on le perçoit, encombrée d’un fatatras hétéroclitoclistique qui suggère l’inaptitude de la chaise à être utilisée comme telle, ce qui conduit tout naturellement à s’en servir autrement, prémices évident d’un autre monde qui vient, sans qu’on sache si ce sera par devant ou par derrière. Le sujet regardant étant là encore livré à ses plus secrètes spéculations.

Les trois sphères, pendantes sur la gauche, où l’on sent évoquée la boule surnuméraire, présence quasi messianique d’où on nous fait savoir que le prochain sauveur n’aurait toujours pas été éjaculé.

Et forcément, l’anneau rouge, dont on remarque qu’il change de place selon les photos, et qui rend présent, aux sens appâtés, la réalité du sphincter qui se lasse de son usage et signifie, dans sa mouvance, sa virginité depuis longtemps perdue au gré des cours des bourses.

C’est à ce sujet précis qu’à une question qui lui a été posée, l’Artiste, Yht Kenaw a d’ailleurs répondu : « L’avantage c’est qu’on n’a pas besoin de capote pour enculer les mouches. » Certaines fines bouches auront seulement été sensible à la brutalité de cette saillie. Mais d’autres esprits comme le mien, très très ouvert, et je l’espère comme le vôtre, se laisseront sans difficultés pénétrer par cette œuvre unique et j’ose le dire, car les gens comme moi, ça ose tout, c’est bien connu, cette œuvre annonciatrice.

La Chaise Aimante sera prochainement proposée aux enchères chez Sotte-Baise. Si on en croit la rumeur la mise à prix sera de 300 000 000 de RdS*.

 

*Roupie de Sansonnet.

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