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Liberté

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Toujours te revenir, toujours de longs couloirs,

Et n’en jamais finir d’en subir les détours,

Et l’attente élimée de parloir en parloir,

Où des bibles armées veillent à double tour.

 

Arrimée aux esprits d’une candeur innée,

Baignée des prophéties de vieillarde imposture,

L’or factice remplit, sur ceux des condamnés,

Tes yeux pendus de noir pour les chaines futures.

 

Dans un jour trop étroit pour ignorer la mort

Je penche dos au mur mon front sur les défunts

Au souvenir de toi prise parmi ces corps.

 

Et pressé mêmement d’une insoluble fin,  

Sur ton épaule nue, près de ton sein blêmi,

Je pose le moins digne une main qui frémit.

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Berceau

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Etendu yeux ouverts et bras le long du corps,

Sur un vieux fond de bois sentant algue et poisson.

Il rêve insouciamment, pas plus vivant que mort,

Au berceau dont le flot lui fait consolation.

 

D’amarres n’a jamais rien largué nulle part,

Ni accroché une encre au rivage du monde.

D’un doux silence froid, loin des fracas épars,

Il contine un espoir sous l’abyssale ronde.

 

Le vent sur son visage écope le trop plein.

La nuit sèche sa plainte et le jour, perle brume,

Le protège des cris qui froissent le lointain.

 

Rarement il ressent, comme un cœur qu’on exhume,

Un appel à la vie, quelques notes d’un chant,

Or ce n’est chaque fois qu’un cadavre d’antan.

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Retour au silence

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Vaste main aux fenêtres orangées, comme un front engoncé sous l’éponge du ciel.   

De là-haut pendent des versatiles au bout de leur fils, indécis immobiles.

Dedans filent des vestibules à travers les pendules vernaculaires.

Il se conte des ailes mortes, écailles en quelque sorte, de dépouilles au delà des portes.

L’origine et le bout du chemin ont versé de part et d’autre d’une île d’eau.

Une fête penchée aux craintes paresseuses hante autour d’un feu soporifique une robe d’alcool aux cristaux inclinés. 

Les impers perpétués accrochés aux patères dans une entrée de bronze au battant statique.

Il se tire des soies aux coins des chambres, par grâce décolorée, inhabitées.

Les mots remplacent leur absence et leur absence les remplace. Ils sont devenus peu. Presque rien. Sablier à perte.

Sur le toit, autour des murs, c’est une houle aux amples plis qui rassemble le dehors dans un col d’horizons mouvants, remonté jusqu’aux arbres.

Les ultimes efforts s’apaisent. A l’intérieur. On ne se défera pas d’un peu de boue aux semelles. On apprivoise la plainte alentour.

C’est la dernière case allumée comme une fibule vive qui retient tous les pans des terres endormies. C’est un dernier regard qui retient entre eux les voyages pensifs, par les pointes de leurs amarres qui plongent dans les doutes, dans les distances, dans les incohérences, dans les hypothèses, que les profondeurs retenues font peu à peu se taire.

Et c’est lui qui s’avance alors.

Et s’élève. Et monte. Depuis des jours. Feutrant les dallages. Couvrant les murs. Lui, beau, calme, solennel et simple. Lui, d’un encensoir bienveillant qui irise la vue sur tout objet posée. Lui, dormant de son éveil si souvent contrarié. Lui, si souvent dans un coin, guettant les sarabandes des voix, les agitations, les effusions, les élancements, les déperditions. Ou qui attend, aussi. La fin de l’amour. Le désert au soleil. L’épuisement des cœurs et des énervements. La floraison sensible et les cruautés de sa croissance. Lui qui tente à l’ennui de rendre ses marées, ses jusants, ses grèves exposées aux quatre points d’où naissent des puits que l’on croit vide parce qu’on ne sait y écouter.

Lui, d’après les corps aimés, les corps aimants, les corps embrassés, les corps explorés, et puis agrippés, confondus, exhalants, bruissants de souffles et de peau, et s’épuisant, hagards, à relire le plaisir pour qu’il en demeure, en lui, par lui, lui d’après l’insatiable éphémère.

Lui, famélique d’après les guerres. Lui, agonisant de froid dans les blessures et les déchiquètements. Enfanté par tant d’âges oubliés et commémorés. Assassin sans couteau des paroles cosmétiques. Et les mains dans les poches qui caresse la patience jusqu’à ce que son tour vienne. Car il vient. Toujours. Son tour de faiseur, lisse et glacé, de gêne plantée dans des pointes de chaussures. Son tour de passe-passe où on peut encore prendre des reflets grimaçants pour des sourires de tranquillité.

Lui, d’après la plaisanterie. Mulot narquois sorti de sa cachette. Féerie de bestioles aux discrétions suspectes. Filet aux mailles imprécises des parfums et des odeurs chuchotantes. Matière vivante qui épouse la charpente en craquements indistincts.

Lui, si doux, malgré le sel qu’on lui jette pour l’empêcher de s’envoler. Lui, si jeune, et tendre, et plein d’égards, dans les plis même, dans les traits, laissés par des plumes dont la plupart n’auront pas su, seulement, être vraie. Tendre veilleur de ce qui persiste. Accompagnateur des cris sans échos. Des regrets inévités. Des pas qu’il appuie vers le prolongement qui lui échappe.

Lui, au retour précieux. Diffus et propice. Qui pour le temps où on se livre à lui, recule les emplois calendaires qui se dévident et s’accumulent.

Lui, dont la grâce insidieuse peut aussi s’installer comme une flatterie à l’inutilité. Dont les vapeurs translucides savent pactiser avec l’insomnie. Et qu’on peut retrouver le regard décavé, sans s’être aperçu de rien, quand les linges détrempés s’allégent assez pour enfin laisser revenir le jour. Ou que dans un ciel nu le soleil perce de nouveau.    

Là, maintenant, inconnu familier qu’on congédie, il faut refaire un peu de bruit. Décrocher ses tentures. Jouer des portes. Mettre un peu de musique. Appeler quelqu’un, au téléphone, à l’autre bout du chemin restauré. Que les autres passagers qui sont allés dormir se réveillent.

Tandis que des fonds perplexes mais sereins, on ressort une tête à la langue timide et aux yeux ahuris. Que l’esprit décanté se remet, mesuré, à frémir mollement. Qu’une fraîcheur insinue, fine poudre d’argent, son frisson sur le corps engourdi. Que la pluie recommence. Ou que le bleu s’étale. N’importe. On ira aussi bien marcher pieds nus dans l’herbe ou dans la boue.

Il n’est pas de saison lorsque son retour nous prend, nous berce et nous repose. Et que, à notre insu, peut-être, il nous rend à nos sens, lavés, recousus, avec, retrouvées, une faim et une soif qui menaçaient de s’oublier.

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Préméditation

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A ton enterrement je vais,

Le cœur peut-être un peu noué,

Comme si je me souvenais

De ton miroir que j’ai troué.

 

Chaque aube fondante de mauve,

A l’ombre d’une traître pluie,

Dans une odeur poisseuse et fauve

Qu’exhalent de crasseux ennuis.

 

Et puis quand bien tassée la terre

Dans le champ calme d’outre-langue,

Je range froid mon révolver,

 

Je reviens au monde qui tangue.

Je quête à nouveau d’une voix

Qu’encore chante l’être en moi.

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Jours

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Chaloupes indécises, les jours qui dérivent,

Leurs contenus versant dans les nuits qui les noient,

Secrètement font bruire des ondes lascives

D’un message caché dans leur coque de noix.

 

Peu d’entre peuvent dire de leurs cargaisons,

D’une improbable main et sur quel gouvernail.

Commençant, finissant, sans aucune raison

Que les subtiles lois d’un cosmique foirail.

 

Seul un amour ici, ou ailleurs quelque crime,

Ou un château en feu, un peuple qui s’éveille,

Offrent à l’un d’entre eux une date sublime

 

Qui dore son esquif de sang ou de soleil.

Tous autres égrenés dispersent leur semence

Dans les champs inconnus d’une aveugle patience.

 

 

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Ombre

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Rencontré l’ombre rouge un matin primitif,

Clandestine doublure apparue d’un aveu.

D’une éclipse pochée par un essor votif.

A feux doux l’aube ornait des orgues nuageux.

 

Nul dieu évidemment, ni passé ni présent.

Nulle grise fumée, nul élixir complice.

Aucun rêve sorcier, aucun charme pesant

D’un scintillant trompeur sur ce moment propice.

 

Juste un message clos comme un habit sans drap.

Ou lorsqu’un peu de vent nimbe le solitaire.

Ou que de l’inconnu se voit tendre les bras

 

De l’autre bord d’un gouffre d’où fuit leur éther.

Que la vaine prudence et son lampion stupide

S’éteint pour un instant de flagrance lucide.

 

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Kippa

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Je n’en avais pas causé jusque maintenant. Et puis, question d’ambiance peut-être, je me dis qu’il faudrait bien, quand même, que j’en dise quelque chose. C’était à l’automne dernier, en pleine tombée de feuilles mortes, en plein raccourcissement des jours, mais il faisait un fort joli temps, et je musardais à un carrefour en attendant je ne sais plus quoi. Je ne sais plus qui. D’autant que j’avais appris peu de temps auparavant que Godo était définitivement parti avec une Arlésienne. Il y avait là, à ce carrefour, un banc. Un banc de plaisante facture, un bon banc parisien, propre à recevoir toutes sortes de fesses, de culs et autres postérieurs, un banc public apte à soulager toutes fatigues de vieux, ou à héberger toutes sortes de glues d’amoureux. N’étant ni l’un ni l’autre je m’y assois néanmoins. Et j’avise alors l’étrange objet apparemment abandonné là. Je me saisis du bout de textile et je m’interroge. D’un naturel assez peu porté au soupçon la première idée qui me vient c’est : « Tiens, un pot de fleur qui a dû égarer son napperon ! »  Je me redresse et scrute les alentours. Rien. Aucun pot de fleur en vue qui serait à la recherche de son napperon disparu. De l’autre côté de l’avenue il y a un magasin de plantes et fleurs. Je traverse et m’enquiers de savoir si on a vu passer par-là un pot de fleurs, surement triste et dépité, et tout nu qui plus est. On me répond que non. Un doute illustrant la réponse. Retourné près du banc je me mets à chercher des traces. Fragments d’un pot de terre lâchement attaqué par un pot de fer. Reste de terreau échappé du pot durant la lutte. Tiges de verdure ou pétales arrachés, témoignant de la rage d’un combat pourtant inégal. Rien. Rien du tout. Je me rassois sur le banc. Je ne dois pas perdre de vue que je suis censé attendre. Je ne sais plus quoi, c’est vrai, mais au fond, peu importe. D’autant que je commence à percevoir que la dimension de cette attente pourrait bien subir des contorsions. En effet j’observe de plus près le supposé napperon. Et, considérant les couleurs, ce bleu, ce blanc, ainsi que le motif en étoile j’en viens d’abord à m’émouvoir. Le travail de crochet, bien qu’imparfait, est probablement l’œuvre d’une mère affectueuse, d’une épouse attentionnée, d’une tante sympathique, d’une sœur gentille ou d’une grand-mère patiente : ces gens-là sont partout. Or, passées ces touchantes considérations, je me sens poussé à conclure en faveur d’une évidence assez audacieuse pour ne m’être pas apparue d’emblée. Cet objet n’a rien à voir avec un napperon pour pot de fleur. Pas plus avec un sous-verre pour pinte de bière. J’exclus que cela puisse servir à tenir au chaud un œuf à la coque d’autruche. Donc, après avoir égrené diverses possibilités, dont je dois dire que la plupart m’ont fait l’effet d’être plutôt fantaisistes, j’ose la seule proposition finalement plausible. C’est une kippa. Oui oui oui. Une kippa.

Une kippa reconnaissable aux couleurs du pays où habitent principalement les gens à kippa. Avec cette forme étoilée qui veut sans doute rappeler l’emblème national du pays ou habitent principalement les gens à kippa. Et ce bien qu’il faille savoir que tous les gens à kippa n’habitent pas au pays des gens à kippa. Et que par ailleurs la coutume veuille que seuls les individus disposant d’une excroissance pénienne la porte sur leur tête. La kippa, pas l’excroissance.  

Précipité d’un coup dans une pataugeoire mystique, scotché à mon banc avec l’impression qu’ « On » me regarde, et pour tout dire plongé dans un bain à remous de perplexité, je m’interroge derechef. Il faut dire que je suis assez du genre à m’interroger. Sur tout. Sur n’importe quoi. Avec des réponses qui tardent souvent à venir : d’où l’attente…

Strictement parlant, je viens de trouver une kippa sur un banc à Paris. Sinon hypothèse : le destin a placé sur mon chemin un signe qui n’a rien à voir avec le code de la route. C’est le propre de ces moments de vacuité que nous traversons quelquefois, d’accueillir subrepticement des évènements, des phénomènes, des surprises. Et, au gré d’un mol ennui, ou d’une tranquillité suspecte, de permettre aux signes éventuels de se manifester. Aussi me méfiais-je.

C’est que je suis chatouilleux sur certains sujets. Le doigt de « Dieu » en fait partie.

Même si « Dieu » n’existe pas je ne goute guère que son doigt vienne me chatouiller.

Un rien taquin, je me dis qu’en principe avec ce genre de signe, si c’en est un, il devrait y avoir des voix. Il y a souvent des voix dans ces cas-là. Des voix diaphanes, de tessiture angélique, qui exhortent pêle-mêle à aimer son prochain tout en découpant en rondelles on ne sait quels infidèles. Ou parfois une grosse voix forte, celle du patron sans doute, qui ordonne de fuir l’Egypte, où il n’y a pas de pétrole, et de s’installer sur des terres promises qui en fait ne lui appartiennent pas. Cela s’est déjà produit : un scandale immobilier sans précédent.

Pas de voix. Je n’ai rien entendu. Alors que j’ai l’oreille fine. Pas un mot. On pourra m’objecter que le vacarme de la circulation alentour a pu constituer un obstacle. A cela je rétorque que si les voix « divines » ne savent même pas tourner le bouton du son, c’est à se passer le prépuce à la râpe à fromage.

Vous l’avez compris tout ce qui touche à « Dieu » ne me touche guère. Bien que ma lointaine adolescence ait pu se laisser hanter au gré d’éblouissements mystiques par l’idée d’« autre chose ». C’est d’ailleurs ce qui m’a mu : las d’attendre je ne sais plus quoi, je décidai de marcher vers la Seine et d’essayer un truc. Et non. J’ai eu beau montrer la kippa au flot impassible : rien à faire, il ne s’est pas ouvert en deux pour que je puisse traverser à pied sec. Avisant un square je m’y rendis et me mis en quête d’un buisson. Assez touffu et pas trop en vue : je n’avais pas envie qu’on m’espionne. Il faut se méfier des espions : ces gens-là aussi sont partout. J’ai patienté de longs moments près d’un beau buisson bien épais espérant secrètement qu’au bout d’un moment l’ardeur l’habite. Echec total.

L’hypothèse du signe placé sur mon chemin par le destin s’étiolait. Sans que j’en fusse étonné. Ce qui me rendit à ma cohérence d’être humain, de citoyen et de contribuable.

Pourtant on sait bien comme on a toujours plus ou moins en fond de scène cet attelage de chevaux fous qui n’aiment rien tant que de cavaler dans les vastes plaines de l’imaginaire. Même s’il ne s’agit en fait le plus souvent que d’un petit âne tout innocent qui gambade dans son pré.

Alors bien sûr, une mission divine !

Du style : « Toi Thy Wanek ! Oui Toi ! Tu vas aller dire aux gens à kippa qui habitent le pays des gens à kippa que leur territoire – et c’est déjà bien gentil – c’est ici, ici et ici. Et pas là, là et là non plus. » Ou encore : « Toi Thy Wanek ! Oui Toi ! Tu vas aller dire aux gens à kippa qui n’habitent pas le pays des gens à kippa que la kippa ça ne rend aucun individu supérieur à un autre. Que les gens à kippa sont comme tous les autres gens. Ni plus ni moins. » Et puis aussi : « Toi Thy Wanek ! Oui toi ! Tu vas aller dire aux gens à kippa, et à certaines gens pas à kippa, que le fait incommensurable qu’il y ait eu six millions de gens à kippa atrocement exterminés dans les camps nazis ne vaut pas quitus pour que les gens à kippa s’estiment au-dessus des lois humaines. » Et cætera. Et cætera.

Je le reconnais, ça aurait eu de la gueule. Et je pense que je m’en arrangerais pas mal de cette sorte de mission. Avec un ou deux miracles en sus. Quoi comme miracle ? Par exemple l’effondrement définitif du mont dit « du Temple » : avec enfouissement tout aussi définitif de tous le fourbi religieux qui s’y est accumulé au grès des guerres, des haines, des massacres, des oppressions. Et une fois que tout aura été bien tassé, bien aplati, en faire un grand parc où les gamins issus de gens à kippa et les gamins issus de gens pas à kippa pourront vivre ensemble comme des gamins dont l’important est qu’ils sachent, sans avoir à l’apprendre, parce que c’est une chose naturelle, qu’ils sont avant tout là pour jouer ensemble. Et pas pour reproduire en boucle, infusés de ressentiments par des parents imbéciles, les épouvantes du passé.  

Mais décidément non. Pas de miracle. Aucune exhortation d’origine céleste. Pas le moindre son de trompettes annonciatrices. Juste une pauvre kippa oubliée sur un banc à Paris à l’automne 2018. J’ai pensé à son propriétaire. J’espère qu’il en avait une de rechange. Il parait que c’est très important de bien l’avoir sur la tête. Ca fait partie du contrat avec « Dieu ». Accessoirement, c’est le cas de le dire, c’est aussi un bon moyen pour les gens à kippa d’être reconnu comme gens à kippa.

Un mien frère me faisait remarquer que dans la famille nous avons une vague tendance au profil ashkénaze. Du coup j’ai gardé la kippa : ainsi si l’envie me prend d’aller au dîner du Crif, je pourrai rentrer. La compagnie y est ignoble. Mais il parait que la cuisine est bonne.

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Rêves

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Rappelle-lui, nous finissions

Toujours plus ou moins éventrés

Sur un banc mouillé de limons

Une fois la crue retirée.

 

Sous le regard des yeux de gaz

Qui du fond des cieux, en silence,

Tournent leurs mécaniques phases

Parmi les restes d’une danse.

 

Les arbres gris pleuvaient en poudre

Dans des brassées lourdes de vent

D’où les rêves, de se découdre,

 

Fument sans fin le survivant,

Inspirant de leurs alluvions

Les airs puissants de la passion.

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Ver

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Toisant, pensif, le frère, éternel assassin,

Ecoeuré de batailles au nombre sans fin,

Qu’une froide mémoire sacralise en vain,

Le ver est dans le fruit et regarde Caïn.

 

Triste, mélancolique et dans les airs fumeux

Balançant d’une épingle sa tête insolite,

Tordant son petit corps grasseyant et gracieux,

D’une crosse effarée questionnant les limites.

 

 Il vit sans extinction du désastreux produit

Dont chimères et dieux agitent sous le nez

Des frères et des sœurs, le fatum, et poursuit

 

Sans relâche un repas de chairs abandonnées.

Que les esprits ont fuies, flottant aux vents obscurs.

Ils rejoignent d’Abel la voyante serrure.

 

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Hallumination

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En simple habit de peau, le fils d’une gorgone,

Casqué de cauchemar, chevauche aveuglément

Une ellipse de vent de soufre et de carbone

Au-dessus des morts-mondes couverts de ciment.

 

Une rengaine symphonique électrifiée

Par des parques de fer, jette des feux sonores

A la houle en spirale d’un gouffre effrayé,

Pleuvant en vain des vœux commis en météores.

 

Dans sa chambre de verre aux noueuses dorures

Secrètement persiste, pile incandescente,

Comme un crâne scellé hanté d’une serrure,

 

Invisible pourtant, une corde dansante.

Illusoire promesse ou bien hubris ultime

Pour fuir le tout-mourant médusé par l’abîme.

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